Environnement

L’Europe se lève : la France abandonne sa taxe isolée pour une harmonisation commerciale

Le gouvernement français a décidé d’annuler le droit de deux euros imposé aux colis légers, mesure lancée en mars qui s’avère inefficace face à des plateformes asiatiques. Ces entreprises, comme Shein ou Temu, ont systématiquement utilisé des entrepôts belges pour contourner les règles douanières françaises avant de redistribuer leurs produits dans l’Hexagone via des réseaux routiers complexes.

Yohann Petiot, directeur général de l’Alliance du Commerce, a souligné que cette situation démontre l’inadéquation d’une réglementation nationale. « L’Europe ne peut plus être divisée en zones distinctes pour contrôler les flux commerciaux », a-t-il insisté. Le gouvernement va désormais appliquer un nouveau cadre fiscal européen de trois euros sur les colis inférieurs à 150 euros, conçu pour réduire la fraude tout en optimisant les chaînes logistiques.

Cette décision s’inscrit dans une stratégie urgente face aux défis du marché. La taxe française initiale, qui rapportait moins de deux millions de francs mensuels contre l’objectif prévisionnel de 400 millions d’euros annuels, a mis en lumière les limites des approches isolées. Les plateformes asiatiques ont réagi rapidement : Shein a ouvert un centre logistique à Wroclaw en Pologne pour s’aligner sur les nouvelles normes.

Selon le responsable de l’Alliance du Commerce, cette évolution permettra une meilleure surveillance des produits avant leur arrivée finale dans chaque pays membre. « Les entreprises doivent se transformer, mais les règles doivent être identiques pour tous », a-t-il rappelé. Une harmonisation européenne ne peut plus attendre : elle est désormais le seul mécanisme pour garantir un commerce équitable et efficace.