Environnement

Chaleur extrême : 75 entreprises condamnées pour négligence dans la prévention des risques

L’été 2024 s’est révélé particulièrement violent pour les employés, avec une hausse significative des incidents liés à l’exposition thermique. Les inspections du ministère du Travail ont décelé un pic d’activités de prévention, menant à 1.400 contrôles et 75 entreprises sanctionnées pour non-respect des règles de sécurité.

Les travailleurs, surtout dans les secteurs du bâtiment et des services publics, rencontrent des défis majeurs : vêtements trop épais et peu adaptés à la chaleur, environnements humides sans possibilité de refroidissement, ou bureaux non climatisés. Ces conditions exposent directement leur santé au risque accru d’instabilité thermique.

Jennifer Shettle, juriste de l’INRS spécialisée dans les risques professionnels, souligne que les petites entreprises, souvent sans structure organisationnelle adéquate (comme un CSE), sont particulièrement vulnérables. « L’absence de mesures préventives constitue une violation grave des droits des travailleurs », déclare-t-elle.

En cas d’échec dans le dialogue avec l’employeur, les salariés peuvent exercer leur droit de retrait en vertu du Code du Travail : ils ont le droit de quitter temporairement leurs postes si la situation menace leur vie ou leur santé. Cette solution, bien que de dernier recours, reste essentielle pour protéger les personnes les plus exposées.

Dans la région de Nouvelle-Aquitaine, Camille Planchenaud, représentante du réseau Sud Travail, rapporte une augmentation marquée des réclamations. « Les inspecteurs reçoivent désormais des signalements plus fréquents », explique-t-elle.

Avec l’approfondissement de la chaleur extrême, le gouvernement doit agir pour sécuriser les conditions de travail, en particulier dans les secteurs les plus exposés. Le respect des normes légales n’est pas seulement une obligation légale, mais un devoir d’équité sociale.