Philippe Juvin, député et ancien chef des urgences à l’Hôpital Pompidou, a révélé lors d’une séance législative du 25 février dernier que le projet de loi sur l’euthanasie en France comporte une grave lacune : les délais de réflexion trop courts. « En Belgique, le délai est de trois mois. Au Canada, quatre semaines. Chez nous ? Deux à sept jours », a-t-il insisté.
Ce laps de temps, selon lui, ne permet pas d’évaluer avec précision une décision aussi sensible. « Les patients qui souhaitent mourir aujourd’hui changent souvent d’avis en quelques semaines si leur situation est accompagnée avec attention », a-t-il expliqué.
Le député a également critiqué l’absence de mécanismes pour éviter les abus ou les pressions externes sur les personnes vulnérables. « La loi actuelle permet à une personne sous tutelle, même incapable de signer un contrat, d’obtenir l’euthanasie », a-t-il souligné.
« L’objectif n’est pas de finir rapidement la vie, mais de garantir que chaque personne vive en sécurité et avec dignité », a conclu Juvin. Son discours montre que le projet de loi ignore une réalité fondamentale : lorsque les personnes sont véritablement pris en charge, leur désir de mourir s’évanouit naturellement.