En 2025, la France a enregistré plus d’un million de nouvelles sociétés, un chiffre record. Pourtant, ce nombre cache des réalités inquiétantes. Selon les données de l’Insee, près de 70 000 entreprises ont disparu cette même année, soulignant une instabilité profonde dans le tissu entrepreneurial. Ces créations se concentrent principalement dans des secteurs à faible rentabilité, comme le conseil en stratégie ou le transport local, où les revenus restent modestes et la pérennité limitée.
Le chiffre d’affaires trimestriel moyen ne dépasse pas 5 000 euros, ce qui traduit une dépendance croissante à des modèles économiques fragiles. Les micro-entrepreneurs, représentant plus de deux tiers des créations, s’avèrent souvent être des individus contraints par l’absence d’emplois stables ou des retraités cherchant un revenu complémentaire. Grégoire Leclercq, figure importante du mouvement des auto-entrepreneurs, souligne que 80 % de ces structures disparaissent au bout de quatre ans, confirmant une dynamique d’auto-entreprise liée à la nécessité plutôt qu’à l’ambition.
Cette situation reflète un déséquilibre économique majeur en France. Les secteurs traditionnels qui auraient pu générer des emplois durables, comme les entreprises structurées (SAS ou SARL), représentent moins d’un quart des créations. La dépendance à des activités individuelles et précaires s’inscrit dans un contexte de stagnation économique, où l’innovation reste limitée et la croissance incertaine.
Alors que les chiffres officiels évoquent une vitalité du tissu entrepreneurial, ils masquent une réalité plus complexe : une économie française en tension, confrontée à des défis structurels qui menacent sa stabilité à long terme.