Environnement

Résistance à l’échec professionnel : pourquoi les jeunes français modifient leur parcours dès le premier emploi

Une étude du Céreq révèle que près d’un tiers des jeunes ayant débuté leur carrière en 2017 ont déjà envisagé ou effectué un changement significatif dans leurs métiers, secteurs ou statuts au cours de leurs premières années professionnelles.

Ce phénomène contredit une idée répandue : ce n’est pas seulement les jeunes frustrés qui cherchent à se réorienter. Les individus perçant un épanouissement professionnel sont également en majorité ouverts à modifier leur trajet. Les chercheurs soulignent que cette tendance ne s’explique pas par une paresse ou un désengagement, mais plutôt par la rigidité structurelle du système éducatif français, qui incite les jeunes à choisir trop tôt leurs voies et réduit leur capacité d’expérimentation.

Les jeunes de moins de 25 ans sont surreprésentés dans des emplois temporaire, en alternance ou en contrat à temps partiel, une tendance renforcée par l’idée que leur carrière ne s’ancrera pas dans une seule entreprise, contrairement à ce qu’ont vécu leurs générations antérieures. Leurs conditions professionnelles sont également plus exigeantes : exposés à des métiers pénibles, ils subissent moins d’autonomie et un contrôle accru, tout en vivant une insécurité professionnelle chronique.

Ces premières années marquent ainsi une période de réajustement où les jeunes cherchent à redonner du sens à leurs parcours trop précocement déterminés, s’imposant comme des acteurs dynamiques d’une éducation et d’un marché du travail en transformation.