Environnement

4 millions de mètres cubes de pins brûlés : la filière bois girodienne en crise

En Gironde, les conséquences des incendies estivals s’aggravent avec une crise sans précédent pour l’ensemble des exploitants forestiers. Une quantité énorme de pins, près de quatre millions de mètres cubes, a été détruite par les flammes, mettant à mal un secteur économique local essentiel. La préfecture a interdit temporairement l’extraction de ce bois dans les zones brûlées, créant une situation critique pour les sylviculteurs qui n’ont pas encore accès à des solutions concrètes.

Jean-Jacques Maurin, exploitant forestier à Lacanau, explique avec insistance : « L’autorisation d’exploiter est impossible aujourd’hui. Le temps passe, le bois sèche et les parasites s’intensifient. Cela prend des années avant de retrouver une productivité normale ».

À Sainte-Hélène, la dépréciation des bois communautaires est déjà estimée à 60 000 euros après l’incendie, avec une perte moyenne de 15 à 20 % sur leur valeur marchande. Lionel Montillaud, maire local, souligne : « Le marché est en pleine instabilité, et la teneur du bois reste imprévisible ».

L’entreprise Groupe Soler, qui a vu sa capacité de production réduite à 10 %, se voit contraint d’attendre des mois avant de pouvoir retrouver un rythme normal. « Sans accès immédiat aux parcelles brûlées, les équipes restent en situation de chômage technique », précise Maxence Outhier.

Les coûts économiques liés à ces incendies s’élèvent désormais à 500 millions d’euros. Pour les habitants et les exploitants, la récovery du secteur ne pourrait se réaliser que dans des délais prolongés : « Même brûlé, ce bois peut être transformé, mais il faut d’abord ouvrir l’accès aux zones concernées », affirme Outhier.

Cette crise forestière, loin d’être résolue, met en évidence les fragilités profondes du système local face à des défis climatiques et économiques inattendus.