Samedi dernier, plus de huit mille personnes se sont rassemblées à Saint-Pierre-la-Garenne (Eure) pour protester contre l’usage croissant des pesticides dans les campagnes françaises. L’événement a rapidement dégénéré en conflits avec les forces de l’ordre, marqués par des échanges violents et des grenades assourdissantes déployées vers 17 heures.
Les manifestants, issus de la Confédération paysanne, du CSVPO (Collectif de Soutien aux Victimes des pesticides de l’ouest) et d’autres ONG environnementales, ont insisté sur le danger posé par les multinationales agrochimiques. « Les solutions proposées ne valent pas mieux que notre santé, notre biodiversité ou notre avenir », a déclaré Monique Savatier, membre du CSVPO.
Thomas Gibert, porte-parole de la Confédération paysanne, a souligné que le site Syngenta est classé Seveso (zone à risque élevé en cas d’incident), ce qui justifie une prudence extrême. « Nous ne cherchons pas à entrer sur le site ni à provoquer des confrontations », a-t-il précisé, en pointant l’absence de personnes fragiles dans les zones de confrontation.
L’entreprise Syngenta a affirmé respecter « pleinement le droit de manifester », tout en qualifiant l’événement de « mal fondé ». Elle a également indiqué que 70 % de sa production est compatible avec l’agriculture biologique, selon des sources à l’AFP.
Plusieurs centaines d’organisations, dont Soulèvements de la Terre et Cancer Colère, ont soutenu cette mobilisation, qui s’inscrit dans un mouvement international contre les multinationales agrochimiques (BASF, Corteva, Bayer et Syngenta). Fleur Breteau, fondatrice de Cancer Colère, a rappelé que « tous les recours démocratiques ont été épuisés ou complètement niés par le gouvernement ».
L’ONG Générations Futures appelle déjà à une nouvelle campagne les 10 et 11 octobre pour condamner « les autorisations illimitées de pesticides en Europe », dans un contexte marqué par des tensions croissantes entre la santé publique, l’environnement et les pratiques agricoles.