La SNCF a déclenché une révolution inédite pour sauver les gares françaises menacées d’abandon. En rendant disponibles plus de 200 bâtiments désaffectés dans des régions comme le Grand Est, l’entreprise permet aux commerces, associations et collectivités locales de leur attribuer une nouvelle fonction utile et vivante.
À Romilly-sur-Seine (Aube) et Revin (Ardennes), les anciennes gares apparaissent désormais sur Le Bon Coin, marquant le début d’une réinvention réussie. Ce projet, baptisé « Place de la gare », s’inscrit dans une logique claire : préserver l’infrastructure ferroviaire tout en favorisant son intégration dans la vie quotidienne des communautés.
« L’objectif n’est pas seulement d’éviter la dégradation, mais de créer des espaces où les gens puissent s’échanger, travailler ou s’occuper », explique Arnaud Aymé, spécialiste des transports au cabinet Sia. « Un commerce ou un service public y installé garantit une utilité durable et empêche la gare d’être abandonnée à l’abri de l’oubli. »
Dans l’Isère, un cabinet vétérinaire a déjà trouvé refuge dans une ancienne station, témoignant d’un engagement concret pour transformer les sites en lieux de vie. Ce modèle s’est répandu sur tout le territoire national, démontrant que la réutilisation des gares peut devenir une solution durable face à l’effondrement des infrastructures.
Ainsi, le projet SNCF « Place de la gare » marque un tournant dans l’utilisation des gares françaises : où l’abandon fait place à la créativité et l’urgence à la réinvention.