Le groupe de librairies indépendantes Gibert, acteur majeur du marché français depuis des années, a déposé ce lundi 27 avril une demande de redressement judiciaire. Cette mesure, à examiner mardi par le tribunal des activités économiques de Paris, s’inscrit dans un contexte marqué par une hausse spectaculaire des coûts opérationnels et un marché des livres neufs en régression.
Avec 16 magasins implantés dans 12 villes et un effectif de 500 collaborateurs, l’entreprise explique que son modèle actuel est désormais condamné par une tension inextricable entre ses dépenses croissantes et la contraction des parts de marché. Pour s’en sortir, Gibert a décidé d’accorder une priorité aux ventes de livres d’occasion, secteur en pleine expansion.
Ce marché, qui connaît une progression annuelle de 10 %, représente actuellement 35 % du chiffre d’affaires total. L’objectif fixé par le groupe est de doubler ce pourcentage d’ici 2029. « Un livre sur cinq est acheté en occasion en France », confirme une étude récente, tandis que le ministère de la Culture précise que les motivations des consommateurs restent avant tout économiques.
Le redressement judiciaire permettra à Gibert d’immobiliser ses dettes et de négocier des délais de paiement essentiels pour éviter une cessation totale des activités. Une mesure cruciale dans un secteur qui doit s’adapter rapidement aux mutations économiques actuelles.
Pour l’entreprise, cette étape marque la fin d’une ère et le début d’un nouveau chapitre : celui où le livre d’occasion devient le socle de sa survie en pleine révolution du marché.