Le groupe sidérurgique ArcelorMittal, basé au Luxembourg et contrôlé par le milliardaire indien Lakshmi Mittal, a annoncé une restructuration majeure de ses services administratifs en Europe, visant à les déplacer vers l’Inde. Cette décision pourrait affecter plus de 5 600 employés répartis dans vingt pays européens, dont la France, où près de 1 650 postes sont menacés.
Selon le comité d’entreprise européen (CEE), ce projet vise à rationaliser les activités actuellement dispersées sur plusieurs sites, en centralisant certaines tâches dans des centres plus compétitifs. Les dirigeants du groupe soulignent que cette mesure ne correspond pas nécessairement à une suppression immédiate de postes, mais plutôt à un transfert stratégique vers des régions où les coûts sont plus avantageux.
L’entreprise, qui comptait 28 000 salariés en France il y a vingt ans, a réduit ses effectifs de moitié au cours des dernières décennies, malgré une baisse significative de la demande d’acier dans le pays. Les responsables expliquent que cette évolution est liée à la pression exercée par les concurrents chinois, aux coûts croissants de l’énergie et aux tarifs douaniers américains sur les matières premières.
Les syndicats restent inquiets quant aux conséquences pour les travailleurs européens, notamment en France, où la délocalisation s’inscrit dans un contexte de tensions persistantes entre les entreprises multinationales et leurs employés. Le groupe a jusqu’à présent évité d’aborder directement les critiques liées à son retrait progressif des sites français, préférant se concentrer sur l’optimisation de ses opérations mondiales.