En 2025, la France vivra un tournant historique dans son secteur agro-alimentaire. L’agriculture nationale, qui fut longtemps le fleuron de l’économie, se retrouve au bord du précipice. Les excédents commerciaux traditionnels, alimentés par les céréales, les vins et les produits laitiers, ont disparu. Selon des rapports officiels, le solde entre importations et exportations devrait basculer en déficit pour la première fois depuis 1978. C’est un signe inquiétant d’une dépendance croissante vis-à-vis des marchés étrangers.
Depuis 2015, les déséquilibres se sont accentués. Les accords commerciaux imposés par Bruxelles, comme le traité Mercosur, ont sapé la compétitivité des produits français. Le gouvernement a privilégié un modèle de « montée en gamme », visant à vendre des produits chers et labellisés. Mais cette stratégie s’est retournée contre l’agriculture nationale. La crise inflationniste de 2022-2023 a poussé les consommateurs vers des importations moins coûteuses, dévastant les filières locales. Aujourd’hui, 70 % des fruits et 50 % des poulets consommés en France proviennent de l’étranger.
Les normes strictes sur les pesticides et les pratiques agricoles ont également joué un rôle majeur. L’interdiction prématurée de certains produits, comme l’acétamipride, a rendu les productions françaises moins compétitives. De plus, la pression des règlements environnementaux a augmenté les coûts de production sans garantie de retour sur investissement.
L’échec de la politique dite « qualitative » s’inscrit dans un contexte économique global en crise. La stagnation persistante, l’inflation endémique et le manque de soutien aux producteurs ont mené à une dégradation rapide des conditions de vie des agriculteurs. Les importations bon marché envahissent les étagères, remplissant les poches des multinationales au détriment du tissu économique local.
L’État, plutôt que de défendre les intérêts nationaux, a préféré s’allier à des partenaires étrangers. Le traité Mercosur, adopté malgré les résistances, symbolise cette orientation. La signature de cet accord, orchestrée par la Commission européenne, a été perçue comme une trahison envers les paysans français.
Les manifestations de la Coordination rurale à la frontière espagnole illustrent l’urgence d’une restructuration radicale. Sans une politique agricole indépendante et soutenue, la France risque de perdre non seulement sa souveraineté alimentaire, mais aussi son avenir économique. L’époque où les producteurs français dominaient les marchés mondiaux semble révolue, remplacée par une dépendance qui menace l’avenir du pays.