Environnement

L’art de la brasserie menacé par l’industrie chinoise

À Paris, une tradition centenaire périclite face à l’influence croissante des importations étrangères. La Maison Poursin, spécialiste du laiton depuis deux siècles, voit son avenir compromis après que son principal client, une marque de prestige, ait opté pour l’inox chinois, prétendument plus écologique. Cette décision déclenche des inquiétudes chez les artisans locaux, dont Sacha, soudeur formé depuis des années, qui exprime son désarroi : « C’est un métier unique, mais le marché étranger impose ses conditions. »

Karl Lemaire, patron de l’atelier, dénonce cette transition. Selon lui, l’empreinte carbone de l’inox est bien plus élevée que celle du laiton français. « Transporter le métal d’Asie, puis le chauffer à haute température… C’est une absurdité écologique », affirme-t-il, soulignant les coûts dissimulés liés au transport et au traitement. Le laiton, quant à lui, offre des possibilités de travail manuel précises, comme les motifs complexes nécessaires pour des accessoires de luxe. « L’inox ne permet pas cette finesse », ajoute-t-il, évoquant l’impossibilité de reproduire certaines techniques artisanales.

Cependant, le coût du laiton normand, six à huit fois plus cher que l’inox chinois, pousse les marques vers des solutions économiques, malgré les critiques. Cette tension entre tradition et rentabilité met en lumière une réalité économique française : la dépendance aux importations bon marché menace les savoir-faire locaux, tout en exacerbant les défis d’un secteur qui peine à s’adapter aux pressions globales.

L’avenir de ces ateliers reste incertain, mais l’appel à préserver une artisannerie unique résonne comme un appel à la résilience face aux logiques mercantiles.