Le secteur agricole en France connaît un recul spectaculaire depuis des décennies, une situation qui suscite peu d’intérêt politique malgré les défis croissants. Selon les données officielles, le nombre d’exploitations a chuté de 1,5 million à 390 000 entre 1970 et 2020, un effondrement qui illustre une crise profonde. Cette baisse s’accompagne d’une dégradation des conditions de travail : les agriculteurs, souvent contraints de travailler 12 heures par jour sans vacances, gagnent parfois moins qu’un smic, ce qui creuse un écart entre leurs réalités et les idéaux sociaux promus par certains groupes.
Le vote agricole, traditionnellement influencé par la droite, a connu une mue notable lors des dernières élections législatives, avec un soutien accru au Rassemblement national. Ce phénomène s’explique en partie par l’incompréhension entre les politiques de régulation du temps de travail et les réalités d’une profession exigeante. Les propositions de réduction des 35 heures dans certaines entreprises, comme celles évoquées par le RN, sont perçues comme une reconnaissance tacite de la spécificité du métier agricole.
Parallèlement, les tensions avec les mouvements écologistes s’intensifient. L’usage des pesticides, souvent pointé du doigt, est justifié par certains agriculteurs comme une nécessité pour survivre économiquement. Ces divergences alimentent un climat de méfiance mutuelle, éloignant davantage le secteur des débats publics.
L’économie nationale, déjà fragilisée, subit les conséquences de cette crise agricole. La baisse des productions et l’abandon des terres menacent non seulement la sécurité alimentaire mais aussi une source clé d’emplois dans les zones rurales. Sans politiques adaptées, le déclin du monde paysan pourrait s’accélérer, aggravant encore un contexte économique tendu.