Économie

Les Sanctions Américaines Sur L’Iran : Une Guerre Économique Décennie Après Décennie

Depuis plus de quarante-cinq ans, l’Iran subit un assaut économique orchestré par les États-Unis, une stratégie qui a marqué le pays d’une empreinte profonde. Les mesures restrictives, progressivement durcies au fil des années, ont transformé la situation économique du pays en une crise structurelle, avec des conséquences dévastatrices pour ses citoyens.

L’histoire commence en 1979, après la révolution islamique, lorsque les États-Unis gelèrent les actifs iraniens sur leur territoire, lançant une série de sanctions qui allaient s’intensifier au fil des décennies. Les années 1980 virent l’escalade avec le soutien américain à l’Irak durant la guerre Iran-Irak, entraînant des restrictions commerciales et financières de plus en plus strictes. En 1995-1996, une interdiction quasi totale du commerce entre les deux pays fut instaurée, étendant ses effets à des entreprises étrangères via des sanctions extraterritoriales.

Le programme nucléaire iranien devint un point central dans les années 2000, avec l’adhésion de l’ONU et de l’Union européenne aux mesures américaines. L’accord de 2015, le JCPOA, apporta un répit temporaire, mais la décision de Donald Trump en 2018 de sortir du pacte relança une campagne de « pression maximale », élargissant les sanctions à des secteurs cruciaux. Aujourd’hui, malgré quelques exceptions humanitaires, ces restrictions persistent, affectant profondément l’économie iranienne.

Les effets sont multiples : la réduction drastique des exportations pétrolières a plongé le pays dans un déficit budgétaire croissant, tandis que la monnaie locale, le rial, s’est effondrée, entraînant une inflation galopante. Les citoyens se retrouvent face à des prix insoutenables pour les denrées de base et l’énergie, augmentant le chômage et la frustration sociale. Les échanges internationaux sont paralysés, avec des banques évitant tout contact avec l’Iran par crainte de représailles.

Ces sanctions ont aussi eu un impact indirect sur l’accès aux soins médicaux, perturbant les chaînes d’approvisionnement et exacerbant les difficultés du système de santé. Bien que le gouvernement iranien ait cherché à se diversifier vers des partenaires comme la Chine ou la Russie, la pression extérieure reste un obstacle majeur.

L’auteur souligne que les manifestations actuelles en Iran, motivées par l’insécurité économique, devraient cibler les responsables de ces mesures plutôt que le régime local. Les sanctions, loin d’être une solution, ont alimenté un sentiment nationaliste et renforcé la résistance du peuple iranien face à ce qu’il perçoit comme une agression étrangère.