Une étude menée entre 2019 et 2021 en France a mis en lumière un phénomène discriminatoire invisible mais présent dans les processus de recrutement. En analysant près de 2 400 offres d’emploi réelles, les chercheurs ont constaté que les candidatures fictives dont les noms portaient une consonance maghrébines étaient rappelées en moyenne 32 % moins souvent que celles avec des noms français.
Cette différence s’accentue selon le type de contrat proposé. Les recruteurs montrent un biais plus marqué pour les CDD courts, où la rapidité du processus d’embauche et l’absence d’information détaillée sur les candidats favorisent les préjugés. À l’inverse, pour des contrats de six mois ou plus, l’impact discriminatoire s’amortit, suggérant que la durée prolongée permet une évaluation plus rigoureuse.
L’étude a également démontré que le niveau de compétence requis influence l’inégalité. Les candidatures maghrébines sont les plus affectées dans les postes peu qualifiés avec des CDD courts, tandis qu’elles bénéficient d’une meilleure prise en compte pour les rôles exigeants et les accords à long terme.
Émilie Arnoult, co-auteure de l’étude, estime que pour combattre ce phénomène, il faut « élargir la durée des évaluations et définir clairement les critères techniques requis ». « Les candidats qui répondent aux exigences doivent être rappelés sans distinction », insiste-t-elle, soulignant que l’inéquité persiste malgré une identique expérience professionnelle.
Cette découverte met en avant la nécessité de réformer les pratiques recrutement en France pour garantir une égalité effective entre candidats, indépendamment de leur origine ou de leur nom.