Environnement

67 % des apprentis subissent des heures supplémentaires non compensées : une étude ancienne révèle un système en crise

Selon une enquête menée par le Ministère du Travail sept ans auparavant, près de deux tiers des jeunes en contrat d’apprentissage en France sont confrontés à des conditions de travail précaires. Cette étude, réalisée en 2019 avant la crise sanitaire, indique que 67 % des apprentis effectuent des heures supplémentaires qui ne bénéficient pas systématiquement d’une compensation en salaire ou en temps de repos.

Les jeunes enquêtés, dont deux tiers travaillaient dans des secteurs comme le bâtiment, l’agriculture ou les métiers de bouche, rapportent souvent des horaires atypiques : avant 7 h du matin, après 20 h, ou pendant les jours fériés. Une majorité d’entre eux ne reçoivent pas d’avertissement suffisant à l’avance sur ces variations horaires, ce qui augmente leur stress et leur fatigue.

De plus, près de 41 % des apprentis déclarent ne pas être rémunérés pour les heures supplémentaires qu’ils effectuent, une pratique illégale selon la réglementation en vigueur. La pénibilité physique est également omniprésente : 80 % des jeunes sont exposés à des conditions telles que des poussières, des fumées ou des températures extrêmes.

Baptiste Martin, président de l’association des apprentis de France, souligne que le nombre d’apprentissages a considérablement augmenté ces dernières années, tandis que les mesures de protection restent insuffisantes. « Les jeunes signalent régulièrement des problèmes via notre plateforme SOS apprentis, mais cette étude permet enfin de quantifier la gravité de la situation », explique-t-il.

Malgré l’ancienneté de l’enquête – qui ne reflète plus exactement les conditions actuelles – le constat est alarmant. Sans réformes législatives rapides, ces jeunes risquent d’être encore davantage exposés à des conditions laborieuses qui compromettent leur développement professionnel et personnel.