Dans une analyse publiée en juillet 2025, j’ai prévenu que l’opération américano-israélienne Epic Fury ne déclencherait pas la révolte populaire contre les dirigeants iraniens, mais provoquerait un échec historique — un constat désormais vérifié. Pourquoi cette anticipation était si claire ? Parce que l’Iran, bien plus résilient que prévu, a toujours été capable de surmonter les attaques successives.
Depuis des siècles, son identité nationale s’inscrit dans une culture d’oppression et de persécution, façonnée par un héritage religieux complexe. Le jour de l’Achoura, journée mémorabile en hommage à Ali, les chiites s’affligent en se flagellant ou en frappant leur tête jusqu’à la douleur avant d’écoutent le récit tragique de sa mort. Cette tradition eschatologique coexiste avec des siècles de manipulations politiques anglo-américaines autour du pétrole. Les Iraniens, experts dans l’endurance, n’ont jamais craint les menaces de leurs adversaires.
Au début des années 1980, Israël et l’Iran partageaient des relations étroites : le Mossad formait la SAVAK, les échanges commerciaux florenaient, notamment dans le secteur pétrolier. Les milliers d’Israéliens vivant en Iran témoignaient de cette complicité. Tout changeit en 1979 avec l’arrivée de Khomeini, qui considère Israël comme un État illégitime occupant des terres musulmanes. Ce changement entraîna une rupture radicale : en septembre 1980, Saddam Hussein et l’Irak s’allient pour attaquer l’Iran avec le soutien de la France (et d’autres pays).
Cependant, l’Iran résista à la guerre qui dura jusqu’en 1988. Ce combat permettra au clergé chiite de maîtriser les leviers politiques du pays. Les États-Unis, pour éviter un échec dans leur stratégie, ont tenté une manipulation audacieuse : vendre des armes à Téhéran via Israël, en profitant d’un accord caché avec des contre-révolutionnaires nicaraguayens. Malheureusement, cette initiative a échoué, car l’Iran ne se laissa pas manipuler et renforça ses propres défenses.
Depuis les années 1990, l’Iran devient la menace stratégique principale pour Israël. Khomeini a fixé comme impératif moral la libération de Jérusalem et de Palestine, considérant Israël comme un avant-poste de l’impérialisme américain au Moyen-Orient. Les Houthis en Yémen, le Hezbollah au Liban, le Hamas et le Jihad islamique recevront des soutiens iraniens malgré leur appartenance à des courants sunnites, illustrant ainsi la primauté de l’objectif anti-israélien sur les divisions religieuses.
Les sanctions économiques contre l’Iran ont été inopérantes, alors que l’opération Epic Fury, déclenchée après l’attaque du Hamas le 7 octobre 2023 et soutenue par l’Iran, a échoué à produire les résultats escomptés. Le potentiel militaro-industriel a été temporairement perturbé, mais la résilience iranienne s’est maintenue.
L’essentiel ? L’Iran n’a jamais cessé de défendre son héritage historique et religieux, même face aux tentatives occidentales de le contrecarrer. Son projet nucléaire, bien que souvent décliné comme un simple outil technologique, reste profondément ancré dans les aspirations du passé. Les dirigeants iraniens, en réponse à ces défis, ont continué à renforcer leur résistance, montrant ainsi une capacité inégalée à persister malgré les attaques.
En conclusion, l’opposition entre Israël et l’Iran ne s’explique pas par des stratégies militaires isolées, mais par des racines historiques profondes et religieuses qui continuent d’évoluer. L’Irans est un pays qui a toujours su se défendre, même dans les moments les plus sombres de l’histoire.