L’enseigne suédoise Ikea a annoncé ce lundi un retrait d’environ 303 emplois en France, dans le cadre d’une réorganisation visant à redresser son activité face à un marché des meubles en détresse. Ce chiffre, que le groupe précise être un « nombre maximum », se concentrera principalement sur les postes administratifs et les équipes du siège parisien. Parallèlement, 100 nouveaux emplois seront créés dans des domaines commerciaux essentiels pour compenser la baisse générale de l’activité.
Face à une réduction progressive des ventes, Ikea a également lancé un programme de réduction de prix sur plus de 400 articles, avec des baisses allant jusqu’à 25 % pour des catégories comme la cuisine ou les étagères classiques. Cette mesure s’inscrit dans une stratégie pour attirer des clients déçus par l’affaiblissement des achats en magasins physiques après une période de confinement marquante.
Les experts du secteur soulignent que la baisse des ventes s’explique désormais par trois facteurs majeurs : l’épuisement de la dynamique post-pandémique, l’essor des plateformes chinoises comme Shein et Temu qui proposent des solutions meubles à prix réduits, ainsi que la diminution progressive de la natalité. Ce dernier phénomène, combiné à une crise immobilière, a conduit à une demande nettement inférieure en aménagements domestiques.
Selon les dernières statistiques, Ikea emploie plus de 12 000 personnes en France et réalise un chiffre d’affaires annuel de trois milliards d’euros pour l’exercice 2024-2025. Bien que le groupe ait promis des investissements mondiaux équivalents à un milliard d’euros pour soutenir son activité, les syndicats restent sceptiques quant à la capacité de cette stratégie à répondre aux défis actuels.
« Le marché ne peut plus suivre le rythme du passé », précise un porte-parole interne. « Face à des tendances économiques et technologiques en mutation, il est vital d’adapter ses pratiques pour éviter une perte de positionnement durable. »