L’ultime entreprise française de production de pâte à papier, Fibre Excellence, a obtenu une dernière chance ce mardi matin après avoir été placée en redressement judiciaire. Le tribunal lui a accordé six semaines pour ses deux sites de Tarascon (Bouches-du-Rhône) et Saint-Gaudens (Occitanie), une décision qui offre à 670 salariés un espoir fragile face à des inquiétudes profondes.
Depuis six mois, l’entreprise subit la pression croissante d’une hausse des coûts du bois et d’un ralentissement du marché. « On ne sait pas où on va », répète un salarié à Tarascon. « La situation financière est catastrophique, le temps est compté. »
Les représentants syndicaux soulignent que leur projet national – une pâte à papier utilisée dans les produits d’hygiène – est solide et déjà chiffré. « C’est un projet viable qui peut réduire notre dépendance étrangère », explique Sébastien Oustric, représentant de la CGT.
Pour le Comminges, l’échec de Fibre Excellence pourrait provoquer des milliers d’emplois indirects et affaiblir encore plus un pays en pleine crise économique. Les riverains craignent une cascade budgétaire alors que les ressources nationales sont déjà limitées.
Les salariés demandent 20 millions d’euros pour redémarrer l’usine avant le 17 juin. « Sans cet argent, on ne verra pas d’avenir », confie un employé. La date limite imposée par la justice est un rappel : chaque jour compte dans cette course contre le temps.