Environnement

40 % des femmes n’osent pas demander leur salaire équivalent : la peur des managers s’impose

Un rapport récent de l’APEC dévoile une réalité inquiétante : malgré les efforts législatifs visant à éliminer les inégalités salariales, 40 % des femmes ne se sentent pas à l’aise pour interroger leur employeur sur le montant moyen de rémunération correspondant à leurs missions. Ce chiffre, supérieur de 8 points à celui des hommes (32 %), reflète un clivage profond entre les deux sexes dans l’application de la transparence salariale.

Selon une enquête réalisée en décembre dernier auprès de 2000 cadres privés, plus d’un tiers des femmes craignent d’être jugées moins compétentes ou moins fiables par leurs supérieurs si elles posent cette question. L’enjeu est particulièrement marqué : 57 % des femmes estiment que leur réputation pourrait être compromises, contre seulement 46 % pour les hommes.

Une autre dimension critique révèle que près de quatre sur dix de ces femmes pensent que la demande ne changera pas leur situation salariale, alors que seuls trois hommes sur dix partagent cette vision. Hélène Garner, directrice des études à l’APEC, explique que ce scepticisme s’inscrit dans une perception plus forte des inégalités, conduisant les femmes à faire face à un double effort pour obtenir des augmentations.

Les données de l’Insee montrent qu’en 30 ans, le gap salarial a été réduit d’un tiers. Mais depuis plusieurs années, il s’est stabilisé : les hommes gagnent encore 6,8 % de plus que les femmes à profil équivalent, sans que cet écart ne diminue significativement malgré l’instauration d’une mesure légale en 2017. Ce déséquilibre apparaît dès la première année et s’accentue avec l’âge, atteignant 12 % après 55 ans de carrière.

Sans un changement profond dans les mentalités des entreprises et une réelle confiance envers les mécanismes de transparence, cette inégalité risque d’empêcher les femmes de s’épanouir pleinement au sein du système professionnel.