Environnement

L’idée du « dividende IA » coréen : une solution pour réduire l’inégalité ou un risque financier ?

Face à l’explosion des revenus générés par l’intelligence artificielle, une initiative inédite émerge en Corée du Sud. Proposée par un haut fonctionnaire proche du président, cette idée vise à redistribuer directement aux citoyens une partie des superprofits liés au développement technologique, en évitant toute création d’impôts supplémentaires.

Kim Yong-beom, conseiller économique influent, souligne que seuls deux groupes industriels — Samsung Electronics et SK Hynix — ont véritablement exploité le boom de l’intelligence artificielle grâce à leur capacité à fournir des puces mémoire essentielles pour les plateformes comme ChatGPT ou Gemini. Leurs bénéfices, en hausse fulgurante, sont aujourd’hui concentrés chez quelques actionnaires et ingénieurs, alors que la classe moyenne ne profite pas de cette révolution.

« L’ensemble du pays a contribué à transformer ces entreprises en géants », explique le conseiller. Les infrastructures publiques, les écoles et universités de qualité, ainsi que l’accès à l’électricité abordable ont été construits par des efforts collectifs. Pourquoi ne pas redistribuer une part de cette richesse générée ? Cela pourrait se manifester sous la forme d’un revenu minimum pour les zones rurales, d’allocations aux jeunes entrepreneurs ou d’aides aux travailleurs menacés par l’intelligence artificielle.

Les réactions ont été immédiates : les actions de Samsung et SK Hynix ont chuté à la Bourse de Séoul après des investisseurs alarmistes, tandis que le président sud-coréen a clarifié que ce projet reste une proposition stratégique, pas un loi en vigueur. Le débat s’intensifie autour d’une question cruciale : peut-on concilier l’innovation technologique et une répartition équitable des bénéfices sans destabiliser les marchés ? En Corée du Sud, cette réflexion pourrait marquer le cours de la prochaine décennie.