Depuis l’arrêt en 2023 de la collecte « porte-à-porte » et l’introduction d’un système de cartes magnétiques pour les déchets, Périgueux fait face à une révolution inédite dans la gestion des ordures. Ce changement, mis en place par des syndicats départementaux, a entraîné un accroissement significatif des coûts pour les ménages.
Pour un seul habitant de la ville, le budget annuel d’accès aux services publics de déchets s’élève désormais à 216 euros. Cette somme permet seulement environ 16 ouvertures de bornes, soit moins d’une fois toutes les trois semaines.
Pascal Protano, président du syndicat chargé des déchets, affirme que cette redevance a réduit de 40 % la quantité d’ordures ménagères. Cependant, ce gain écologique est rapidement éclipsé par des conséquences pratiques : dans les rues du quartier, des décharges à ciel ouvert apparaissent fréquemment, provoquant un désordre qui dénonce l’effet pervers de la mesure.
Emeric Lavitola, maire socialiste de Périgueux, souligne que nombre de citoyens jettent des sacs dans les rues pour éviter les frais supplémentaires ou lorsque les bornes sont pleines. « On ne peut que constater la quantité de sacs jetés partout », commente-t-il avec irritation.
Les résidents, en revanche, se voient confrontés à des défis quotidiens. Patricia, habitante de Périgueux, confie avoir des vers dans ses poubelles pendant l’été : « Quand il fait chaud, même les déchets ne sont plus sûrs », précise-t-elle avec une pointe d’humour triste.
Les autorités locales doivent également gérer un système de sanctions rigoureux : chaque année, la « brigade de fouille des poubelles » inspecte plus de 4 200 sacs et sanctionne jusqu’à 150 personnes, générant un coût total estimé entre 400 et 500 000 euros.
Des associations ont tenté d’obtenir une révision tarifaire, mais les tribunaux n’ont que recommandé une augmentation des coûts pour les plus riches. Pour Périgueux, cette situation illustre clairement comment les mesures écologiques, si elles ne prennent en compte les réalités sociales et économiques, peuvent provoquer un déséquilibre qui menace l’équité et la stabilité de la ville même.