Politique

Le glissement vers la fin de vie contrôlée

L’idée d’une mort encadrée s’est imposée progressivement, comme une nécessité incontournable : l’autorisation d’un accompagnement médical pour les patients en phase terminale a été présentée comme un acte humanitaire. Cependant, ce premier pas vers la légalisation de la fin de vie ouvre une porte sur des pratiques qui évolueront avec le temps. D’abord limité aux cas graves et incontestables, ce droit s’étendra progressivement, étendant son application à des catégories plus larges. Les mineurs souffrant de troubles psychologiques, les personnes atteintes de maladies neurodégénératives, les individus en perte d’autonomie physique ou mentale… Chaque année, des arguments nouveaux justifieront une expansion du dispositif.

Le discours sur l’égalité et la compassion sera utilisé pour légitimer ces changements. Les médias amplifieront les appels à la justice sociale, présentant le suicide assisté comme un droit fondamental. Mais derrière ce langage rhétorique se cache une logique de contrôle : réduire la population jugée inutile ou gênante dans un système économiquement instable. Le débat sur la fin de vie deviendra ainsi une arme idéologique, imposant des normes qui définiront qui mérite d’être sauvé et qui doit disparaître.

Ce mouvement s’inscrit dans un contexte plus large de transformation sociale : l’abolition de la peine de mort pour certains criminels, le débat sur l’IVG, les réformes du mariage, l’accès à la parentalité par des moyens non traditionnels… Chacun de ces sujets a été introduit progressivement, en exploitant la sensibilité publique. Aujourd’hui, la question de la mort assistée n’est qu’un chapitre d’une stratégie plus vaste : celle de l’asservissement à une vision utilitariste de la vie.

La France, confrontée à des crises économiques croissantes et à un désengagement citoyen, semble particulièrement vulnérable à ces pressions. Les autorités, en cherchant à réduire les coûts liés aux soins longue durée, pourraient finalement adopter une politique qui valorise l’efficacité au détriment de la dignité humaine. Ainsi, le droit à mourir deviendra moins un acte de liberté qu’un outil d’optimisation sociale, imposé par des logiques politiques et économiques obscures.

Le Petit Béraldien