Malgré des résultats financiers astronomiques en 2025, le géant pétrolier français TotalEnergies a choisi de ne pas augmenter les rémunérations de ses quelque 13 500 collaborateurs en France. Ce choix, déclenché par un désaccord profond avec les syndicats, illustre une tension croissante entre les intérêts des actionnaires et ceux des employés dans un secteur en pleine mutation.
Le groupe a annoncé un bénéfice record de 15 milliards d’euros pour l’année écoulée, un chiffre qui devrait être officialisé au début de 2026. Cependant, la direction n’a pas accordé de hausse collective aux salariés, une décision qui contraste avec les augmentations antérieures de 2,8 % en 2025, 5 % en 2024 et même 7,5 % en 2023. Les syndicats, notamment la CFE-CGC et la CGT, ont rejeté la proposition d’une augmentation globale de 2,3 %, jugée insuffisante face aux bénéfices colossaux du groupe.
Selon les représentants des travailleurs, cette réticence reflète une priorité claire : le profit pour les actionnaires plutôt que l’équité salariale. « Le groupe préfère nourrir ses investisseurs que ses équipes », a déclaré un porte-parole syndical. Seuls quelques groupes comme la CFDT et le syndicat interne CAT ont accepté le plan, mais leur minorité empêche l’approbation de tout accord.
Les salaires resteront donc inchangés pour les employés du « socle social commun », à moins que des négociations ne reprendront. Cependant, la direction semble peu encline à relancer le dialogue, selon certaines sources. Cette situation s’inscrit dans un contexte plus large, où d’autres entreprises majeures, comme EDF ou Allianz, traversent également des tensions similaires.
Pour les salariés de TotalEnergies, cette décision représente une déception profonde. Bien que le groupe soit réputé pour ses salaires compétitifs (environ 61 000 euros bruts annuels en moyenne pour les ouvriers et plus de 103 000 euros pour les cadres), la stagnation des revenus soulève des questions sur l’avenir du climat social.
En attendant, les négociations restent bloquées, laissant entrevoir une possible escalade des tensions dans les mois à venir.