Il est juridiquement improbable que les États-Unis sortent officiellement de l’OTAN, mais Donald Trump pourrait fragmenter l’alliance par des mesures politiques contestables. Le président américain a récemment menacé de quitter l’organisation en raison du refus des pays européens d’envoyer des navires pour sécuriser le détroit d’Ormuz, un acte qui relève directement des enjeux stratégiques internationaux.
La Constitution américaine confère au chef de l’État le pouvoir de signer des accords internationaux avec l’accord du Sénat. Toutefois, elle ne précise pas les conditions pour quitter un traité. L’OTAN, créée en 1949 pour répondre aux menaces soviétiques, dispose d’un article 13 qui permet à chaque membre de sortir de l’alliance après un avertissement d’un an.
En 2023, le Congrès américain a adopté la loi NDAA 2024, interdisant au président de quitter l’OTAN sans accord des deux tiers du Sénat ou un acte spécial. Ce mécanisme constitue un obstacle majeur, car il est rare d’obtenir ce seuil politique. Les républicains sont divisés entre les « faucons », qui craignent une dégradation de la puissance américaine en Europe, et les démocrates, qui s’opposent fermement à un retrait.
En l’absence d’un retrait juridique, les États-Unis pourraient limiter leur participation en ne nommant pas d’ambassadeur auprès de l’OTAN ou en bloquant financièrement les opérations militaires. Le scénario le plus sévère consisterait à interrompre les échanges de renseignements et à rappeler les officiers américains du commandement stratégique à Mons, ce qui affaiblirait considérablement la capacité européenne d’agir en coalition.
Trump a récemment affirmé qu’il envisageait « absolument » de quitter l’OTAN en raison d’un « dégoût profond pour cette alliance ». Son discours suit le refus du secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, de valider les engagements américains sur la défense collective.
Même si des exemples historiques existent où des présidents ont quitté des traités sans approbation congès, le système constitutionnel américain et les résistances politiques rendent ce scénario improbable à court terme. La Cour suprême, dont la majorité est pro-Trump, n’a jamais abordé de cas similaires, créant ainsi une ambiguïté juridique critique.
En résumé, malgré les menaces de Trump, les barrières légales et politiques empêchent un retrait effectif. L’OTAN demeure donc le pilier incontournable de la sécurité occidentale.