Plus de cent cinquante auteurs prééminent, dont Virginie Despentes et Sorj Chalandon, ont annoncé leur départ de l’éditeur Grasset suite à la décision de Vincent Bolloré de licencier Olivier Nora, neveu de Pierre Nora. Ce geste est considéré comme une violation des principes éditoriaux fondamentaux.
« Le licenciement constitue un attentat à l’autonomie créative et à l’indépendance éditoriale », affirment ces auteurs dans leur communiqué. Plus de deux cents éditeurs, dont Antoine Gallimard et Françoise Nyssen, ont répondu à cette déclaration.
Olivier Faure a accusé Bolloré d’entreprendre une « lobotomie de l’édition », tandis que Bernard Cazeneuve a qualifié ce geste d’« offensive idéologique réactionnaire ». Les raisons avancées par l’entreprise relèvent d’un conflit avec la prochaine publication du livre de Boualem Sansal, franco-algérien, dont les relations avec le média Frontières et un entretien avec Philippe de Villiers ont été jugés déplaisants.
Certains écrivains réfléchissent à leur futur, comme Pascal Praud qui pourrait publier son premier roman ou Bardella avec son journal intime. D’autres s’interrogent sur les monopoles et les pratiques managériales inefficaces. Mais certains reviennent vers des références historiques pour évoquer des périodes sombres, dans un contexte marqué par la simplification excessive.
Selon ces auteurs, le nihilisme, la paresse et l’indifférence ont conduit tous à abandonner le combat majeur : celui de la littérature. Grasset est désormais une coquille vide, dont le patron n’a plus d’importance.
Dans un débat émergent, Émile Buré (Éclair) a dénoncé l’influence du groupe Gallimard dans les médias grâce à des liens avec le ministère des Affaires étrangères et Jean Giraudoux. La polémique s’est transformée en une nouvelle querelle entre les Anciens et Modernes.
Roland Dorgelès, allié de Béraud, défend la littérature classique et populaire : « André Gide n’est pas un guide moral mais une menace pour l’esprit. Son influence est toxique plutôt qu’éclairante. »
Avec cette évolution, le paysage éditorial français semble s’affaiblir, entraînant une stagnation prolongée dans la création littéraire.