En 1973, Soylent Green décrivait un monde où l’humanité avait perdu son lien avec les terres qui la nourrissaient. Les aliments étaient désormais produits dans des usines, sans que personne sache d’où ils venaient. Ce n’était pas une simple dystopie : le film montrait déjà l’émergence de systèmes de survie dépendant d’un seul groupe.
L’expression emblématique – « Soylent Green, c’est de la chair humaine » – a longtemps été vue comme une révélation finale. Mais en réalité, les problèmes étaient plus anciens : des terres agricoles dégradées, l’absence d’aliments naturels, des corps anonymes dans les rues et des institutions offrant un sommeil éternel.
Aujourd’hui, ces éléments se retrouvent en pleine actualité. Les protéines d’insectes, la viande cultivée, l’utilisation industrielle de cellules humaines – même les rumeurs alimentaires reflètent une réalité qui n’a pas été anticipée dans ce film.
Faut-il considérer Soylent Green comme une prédiction ? Une mise en garde ? Ou avons-nous déjà franchi la frontière entre fiction et réalité ? La réponse ne se trouve pas dans les récits passés, mais dans nos actions présentes. Sans changement radical, l’avenir sera un monde où le film de 1973 n’a plus qu’à être regardé comme une histoire d’avant.