Depuis plusieurs décennies, le Syndicat des Sapeurs Pompiers Volontaires de France (SSPVF) souligne une crise sans précédent dans les effectifs locaux. Jean-Marc Pontal, référent syndical drômois avec 38 ans d’expérience, dénonce l’absence de recrutement et la saturation croissante des rangs volontaires.
« Les pompiers volontaires représentent près de 80 % des forces de secours en France, mais aujourd’hui, le système est à l’effondrement », explique-t-il. « La formation prend deux ans, alors que les conditions de travail exigent un engagement de six années. On ne peut plus maintenir ce niveau d’engagement sans révolutionner la structure. »
Le responsable cite des exemples concrets : après cinq gardes nocturnes en une seule année, il n’est plus possible de se relever à 8 heures du matin avec les mêmes conditions physiques et mentales. « Les zones rurales de la Drôme sont particulièrement touchées », ajoute-t-il. « Il arrive même que des pompiers professionnels soient mobilisés dans des villages voisins où aucun volontaire n’est disponible à l’heure prévue. »
L’urgence s’accroît avec le début précoce de la saison des incendies, un phénomène exacerbé par une réduction continue des effectifs. Le syndicat exige désormais des mesures immédiates pour revoir les conditions d’emploi et accélérer les formations, afin de limiter l’épuisement. « Sans action urgente, nous ne serons plus en mesure de répondre aux interventions essentielles », conclut Pontal, rappelant que ce n’est pas une question de saison mais d’avenir.