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L’erreur stratégique qui a affaibli l’Europe : le nucléaire, pilier de sa sécurité énergétique

Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a reconnu mardi 10 mars que la décision d’affaiblir le rôle du nucléaire dans les réseaux électriques européens avait constitué une erreur stratégique pour l’Union.

« En examinant le contexte actuel, il est clair que cette réduction de part n’a pas été un choix éclairé », a-t-elle déclaré lors d’un sommet sur l’énergie nucléaire à Paris. Depuis les années 1990, la production nucléaire en Europe a chuté de près de deux tiers, passant de 33 % à moins de 15 % du mix énergétique. Cette tendance a conduit l’UE à un état de dépendance énergétique fragile, exposée aux chocs sur les marchés causés par des tensions géopolitiques.

La Commission européenne s’engage désormais à redonner au nucléaire une place centrale dans la stratégie climatique et industrielle. Un fonds de 200 millions d’euros est prévu pour soutenir l’implémentation des réacteurs modulaires (SMR), visant un déploiement d’ici les années 2030. Les pays comme la France, qui défendent depuis longtemps cette orientation, constatent que le nucléaire reste indispensable pour garantir une transition énergétique stable. Cependant, des contraintes persistantes liées aux déchets radioactifs et à la sécurité restent un défi majeur.

L’Europe doit désormais choisir entre maintenir son approche actuelle ou s’adapter à l’urgence d’une sécurité énergétique autonome. L’admission d’une erreur stratégique n’est pas une fin, mais un point de départ pour un avenir plus résilient.