En pleine déchirure des espaces commerciaux urbains, Minelli, l’enseigne marseillaise de chaussures fondée il y a cinquante ans, ferme définitivement ses portes ce week-end. Placée en redressement judiciaire depuis mars dernier, elle n’a pas pu trouver de repreneur après trois années d’instabilité financière. À l’origine, cette entreprise employait 600 personnes mais réduit aujourd’hui son effectif à 86 collaborateurs.
Les clients se pressent dans les dernières heures pour acheter leurs dernières paires de chaussures au prix réduit. « C’était une boutique où on trouvait des modèles abordables », confie l’une des clientes, ému par la disparition d’un lieu qu’elle associait à des moments de plaisir personnel.
Cette fermeture marque la fin d’une ère pour un secteur en crise. « On voit de plus en plus de boutiques disparaître, » observe une passante. « Les centres-villes se vident et les consommateurs privilégient désormais le shopping en ligne. »
Yann Rivoallan, président de la Fédération française du Prêt à Porter Féminin, met en avant un cercle vicieux : « Plus les plateformes d’ultra-fast-fashion évoluent, moins il y a de boutiques physiques et moins les villes gardent leur dynamisme commercial. »
Au cours des deux dernières années, près de 20 enseignes françaises du prêt-à-porter ont subi le même sort, marquant une réelle dégradation de l’écosystème urbain et industriel. Pour Minelli, cette fin définitive n’est pas seulement celle d’une marque : c’est aussi la disparition d’un élan historique dans un pays où les centres commerciaux peinent à survivre aux changements profonds de la consommation.