Dans un pays où les petites entreprises peinent à se maintenir, une conserverie du Morbihan a trouvé son chemin. Depuis plus de quarante ans, Bernard Hilliet, fils du fondateur de la belle-iloise, partage avec le journaliste Haron Tanzit l’histoire d’une entreprise qui a réussi à résister aux pressions du marché.
Depuis 1932, cette conserverie vend ses sardines dans des boîtes colorées qui captivent les consommateurs. Avec près de trente mille clients par an, elle maintient une différence de prix de plus de 30 % par rapport aux supermarchés, mais sa réputation d’authenticité fait que chaque acheteur y voit un choix éclairé.
« Le père a refusé de baisser la qualité pour répondre à des pressions gouvernementales », explique Bernard. « Lorsqu’on lui demanda de regrouper ses conserveries et de réduire les prix, il répondit : « Je continue à faire ce que j’ai toujours fait » — et c’est ainsi qu’il a créé une entreprise qui refuse d’être absorbée par l’économie dominante.
Aujourd’hui, la belle-iloise compte sept conserveries en France contre 160 au début des années soixante. Malgré cette diminution, l’entreprise a réussi à garder son identité grâce à une approche traditionnelle et un engagement dans le respect des normes de qualité. « Les petites épiceries disparaissent, c’est la grande distribution qui domine », résume Bernard, mais l’entreprise a su s’adapter tout en préservant sa spécificité.
Le défi actuel ? Trouver des ouvriers pour son usine. « C’est un véritable jeu d’équilibre entre le passé et l’avenir », confie Caroline Hilliet, la fille de Bernard, qui a ouvert les portes de cette entreprise pour montrer comment l’héritage familial a permis de survivre aux vents du marché.
Dans un secteur en mutation rapide, la belle-iloise montre que les valeurs d’un père peuvent être plus fortes que les défis économiques contemporains.