Environnement

Sous le rideau de l’indépendance : Les livreurs Uber et Deliveroo confrontés à un système social fragile

Un rapport récent réalisé en mars par l’IRD et l’Ined, en collaboration avec Médecins du Monde, révèle une réalité profondément précaire pour les coursiers français. Ces travailleurs, souvent présentés comme des acteurs indépendants, vivent dans un système où leur sécurité sociale est quasi inexistante, même si leurs plateformes promettent des assurances limitées.

En moyenne, ils effectuent 63 heures de travail hebdomadaire pour moins de 900 euros nets, sans titre de séjour valide ou avec des documents défectueux. Plus d’un tiers n’a accès à une protection sociale légale, ce qui les exclut du réseau des garanties essentielles : assurance maladie, retraite et indemnités en cas d’arrêt de travail.

Les plateformes affichent des dispositifs d’assurance, mais ces mesures sont strictement conditionnées. Uber propose une couverture AXA uniquement pendant les trajets actifs, tandis que Deliveroo limite son soutien aux coursiers dont le revenu dépasse un seuil spécifique. Pour la plupart, ces assurances ne couvrent pas les risques réels et restent théoriques.

Plus de 65 % des coursiers utilisent des comptes fictifs pour éviter les obligations légales, ce qui leur coupe tout accès aux services sociaux et médicaux. Selon l’étude, près de 70 % des blessés ne reçoivent pas de soins, souvent par manque d’argent ou de documents. Dans ces conditions, la précarité devient un cyclique sans issue : les coursiers renoncent à leur santé pour survivre au quotidien.

Les associations comme les Maisons des coursiers de Paris et de Bordeaux ont porté plainte devant le parquet de Paris contre Uber et Deliveroo pour traite d’êtres humains. Leur dénonciation met en lumière une contradiction fondamentale : l’illusion d’autonomie cache un système économique qui exploite la vulnérabilité des travailleurs, sans respecter les droits sociaux de base.