L’Autorité de la concurrence a prononcé mardi une série de sanctions totales de 12,67 millions d’euros contre plusieurs distributeurs spécialisés et généralistes impliqués dans un cartel de plus de sept années visant à bloquer les comparabilités prix entre les circuits bio et traditionnels.
Cette entente, qui s’était prolongée depuis 2018, a permis aux entreprises de réduire le commerce des mêmes marques en magasins spécialisés et supermarchés classiques, afin d’éviter toute baisse de prix dans un secteur où la transparence était autrefois une norme. Une stratégie calculée pour maintenir les tarifs élevés, même à l’instar de la volonté des distributeurs de ne pas permettre de comparaison entre les deux chaînes d’approvisionnement.
La sanction la plus sévère, de 10 millions d’euros, a été infligée au Syndicat national des distributeurs spécialisés de produits bio (Synadis bio), représentant Biocoop, Naturalia et La Vie Claire. Ce groupe avait en effet imposé dès 2018 une interdiction strictes à ses adhérents de vendre dans les grandes surfaces traditionnelles.
D’autres entreprises ont également été sanctionnées : Greenweez (en lien avec Carrefour SA) a payé 1,85 million d’euros, ITM Entreprises 740 000 euros et Les comptoirs de la Bio 80 000 euros.
Ce cartel, révélé par l’Autorité de la concurrence, souligne une fracture profonde dans le marché bio où les prix restent souvent élevés malgré des tendances à la baisse en matière de consommation.