L’autisme, les troubles attentionnels, les dyslexie et dyspraxies… Ces conditions neurologiques touchent 15 % de la population française, mais leur impact sur l’accès au marché du travail reste sous-évalué. Depuis deux ans, Autypik, une plateforme exclusive pour les personnes en situation de vulnérabilité cognitive, permet à des centaines d’entreprises de recruter et d’intégrer des profils neurodivergents avec une précision sans précédent.
Mara Staub, 28 ans et diagnostiquée autiste avec un trouble attentionnel, a conçu cette initiative après avoir constaté que les personnes neurodivergentes s’épuisaient à cacher leurs différences pour se conformer aux normes professionnelles. « Une neuroatypie peut en cacher une autre », souligne-t-elle avec humour.
Pour chaque candidat recruté sur Autypik, l’entreprise doit d’abord former ses responsables RH et sensibiliser son personnel aux spécificités des profils neurodivergents. Les offres d’emploi sont alors rédigées en détail : les espaces de travail (open space ou bureau fermé), les horaires flexibles, même les préférences sur le mode de communication.
Les candidats, quant à eux, détaillent clairement leurs besoins : des pauses régulières pendant les réunions pour gérer l’hyperactivité, un environnement sonore calme ou une partie de leur journée en télétravail. « Mettre une personne neurodivergente en situation de stress est contre-productif », explique Mara Staub.
Un suivi personnalisé accompagne chaque nouveau salarié pendant la première année : cinq rencontres avec son manager pour assurer un intégration réussie. Depuis deux ans, Autypik a permis à plus de 35 entreprises de recruter des dizaines de personnes neurodivergentes.
Le gouvernement français vient d’élaborer un guide officiel pour repenser la relation entre les entreprises et la diversité neuronale. Une avancée significative dans une société où, selon des données récentes, plus de 10 millions de Français sont en situation de marginalisation professionnelle.