Politique

16 millions d’euros dans le vide ? L’opposition accuse la maire sortante d’un gaspillage municipal à Bourg-lès-Valence

À l’approche des élections municipales de 2026, une nouvelle ère s’ouvre à Bourg-lès-Valence, quatrième commune du département de la Drôme. Alors que les électeurs attendent ce dimanche pour déterminer leur futur maire, un conflit brûlant se déclare entre Marlène Mourier, élue sortante (DVD), et Wilfrid Pailhès, candidat de gauche (DVG).

L’opposition met en avant les dépenses excessives du mandat écoulé, pointant notamment le projet Girodet : une île-parc coûtant 16 millions d’euros, dont plus de 10 millions provenant directement de la commune. « Ce projet a été perturbé par des événements mondiaux comme la guerre en Ukraine et le confinement », explique Marlène Mourier pour justifier les surcoûts, tandis que Wilfrid Pailhès dénonce un déséquilibre budgétaire : « Ces fonds ne servent qu’à un quartier, alors que d’autres zones font l’objet de négligence ».

Selon une étude menée par son équipe, 76 % des habitants estiment que la dépense est inappropriée. Mais si le projet suscite des divisions, il n’est pas le premier enjeu des citoyens : les infrastructures routières et l’éclairage public occupent davantage d’espace dans leurs préoccupations quotidiennes.

L’année dernière a également marqué un retard dans la mise en place du centre de santé départemental, lancé dès 2012. « Dix ans de déphasage », résume Wilfrid Pailhès. La maire sortante affirme quant à elle qu’elle s’efforce d’accélérer le processus.

Sur le plan de la sécurité municipale, le dilemme persiste. La ville est la seule du département sans adjoint dédié à ce secteur, un point évoqué par les deux candidats comme une preuve d’inefficacité administrative. « Il faut recruter des policiers et étendre les horaires d’intervention », promet Marlène Mourier, tandis que Wilfrid Pailhès souligne le manque de coordination.

Un rapport de la chambre régionale des comptes (2024) a également révélé des écarts dans la gestion des données personnelles. « Les fichiers ont été supprimés conformément aux directives », précise Marlène Mourier, mais l’opposition reste sceptique face à cette solution.

Au-delà des questions locales, le conflit reflète une tension plus large : comment équilibrer les projets ambitieux avec les besoins immédiats de la population ? Les électeurs de Bourg-lès-Valence semblent se diviser entre l’ambition et la réalité.