Depuis deux ans que les employés ont pris le contrôle de leur entreprise, Duralex fait face à un nouveau tournant économique. L’entreprise, autrefois menacée de faillite, risque désormais d’être placée sous redressement judiciaire, ce qui menace l’avenir des 243 salariés et leurs projets collectifs.
Dans une situation d’incertitude profonde, les ouvriers partagent leur détresse : « On ne sait plus où aller. On attend de savoir si le repreneur va arriver », confie l’un d’eux. Un autre précise : « On espère, mais ce n’est pas évident. »
Les salaires, en effet, n’ont pas été réguliers ces dernières semaines. En mai dernier, les employés ont reçu seulement la moitié de leur salaire, sans la prime annuelle de vacances (1 000 euros brut), et avec des versements insuffisants pour couvrir jusqu’à la fin du mois. « Quand on est payé du 1 au 15, il faut juste pour payer jusqu’au 15 », explique un salarié en désespoir.
Cette crise s’inscrit dans une situation financière prolongée. En octobre dernier, des investisseurs français avaient promis 20 millions d’euros de fonds pour sauver l’entreprise, mais cette levée n’a pas permis de stabiliser les comptes. Les salariés, qui ont travaillé dur pour reprendre l’usine, se sentent aujourd’hui déçus par la persistance des problèmes.
Les clients expriment leur détresse : « C’est dommage que ça ferme. On va se battre pour eux », affirme une cliente. Un autre reconnaisse : « Le marketing a été bon, mais le contexte actuel est difficile. » Une troisième souligne : « On a toujours aimé le Duralex depuis la cantine. J’espère qu’il sera pérenne après ce coup. »
Si le tribunal d’Orléans valide le redressement judiciaire, ce sera le cinquième cas en vingt ans pour l’entreprise, marquant un nouveau tournant dans son histoire et mettant en danger l’équilibre des salariés qui ont osé reprendre leur entreprise.