En 2025, le recensement du collectif « Les morts de la rue » a enregistré une hausse alarmante : seize personnes ont perdu la vie dans les départements de la Drôme et de l’Ardèche en raison d’un manque critique de logement ou d’accès aux bases essentielles. Ce chiffre, déjà évoqué comme un signe précoce de dégradation, s’est aggravé au fil des mois, reflétant une réalité de plus en plus fragile pour les populations vulnérables.
Christian Bonnet, président du Diaconat protestant dans ces régions, a récemment souligné l’ampleur de ce phénomène. « À Valence, le nombre d’individus accueillis quotidiennement a passé de 90 à 200 personnes en moins d’un an », a-t-il déclaré, pointant vers une réalité où les centres d’accueil s’épuisent sous la pression croissante.
L’association, chargée de gérer quatre espaces d’accueil dans la Drôme et dotée d’une mission de service public, offre des services vitales : café, toilettes, réchauffement, et récupération de documents pour les sans-abris. Toutefois, elle se heurte à un retard financier critique. « Un montant de 160 000 euros avait été promis mais n’a pas été versé », explique M. Bonnet, rappelant que le budget annuel de l’entité dépasse les 27 millions d’euros et englobe des missions diverses : centres de santé, EHPAD, accueil des demandeurs d’asile, et programmes d’intégration sociale.
Face à cette situation, plus de 320 employés et près de 200 bénévoles s’activent chaque jour pour répondre à la demande croissante, mais leur capacité à maintenir le service est menacée par des ressources insuffisantes. Le collectif craint une dégradation accélérée des conditions de vie pour les plus exposés, alors que les structures publiques semblent incapables de s’adapter au rythme de la crise.