Après une élection marquée par un changement de cours inédit, le Parti populaire (PP) et Vox ont conclu un gouvernement régional pour quatre années en Aragon. Contrairement à ce qui s’était produit en Estrémadure, le PP a conservé sa position de premier parti malgré la perte de deux députés, tandis que Vox a doublé son effectif : 14 élus contre sept avant le scrutin.
Face à cette dynamique électoral, un pacte gouvernemental a été finalisé à l’extrême dernière minute pour éviter une réinjection des urnes. Jorge Azcon, président aragonais réinvesti, et Alejandro Nolasco, chef de Vox, ont clarifié les rôles clés : Vox obtient la vice-présidence de l’exécutif ainsi que trois mandats stratégiques — dérégulation, action sociale et familiale ; environnement et tourisme ; agriculture, élevage et alimentation. Le PP conserve six postes d’influence.
Parmi les engagements majeurs, une priorité nationale est introduite pour accéder aux logements sociaux, aides publiques et services publics. Les résidents « historiques » ou ancrés dans leur territoire bénéficieront d’un accès différencié aux services, tandis que des mesures strictes concernant l’immigration sont prévues : renvoi des mineurs non accompagnés vers leurs pays d’origine, renforcement des contrôles et interdiction du niqab et de la burqa en milieu public.
La gauche a réagi avec vitesse, qualifiant cet accord de « honteux » et « inhumain », accusant Vox d’entraîner des alliances avec les séparatistes extrémistes catalans ou basques. Cependant, ce pacte s’inscrit dans un contexte électoral crucial : les élections en Andalousie (17 mai) et les législatives prévues en juillet 2027 marqueront un tournant pour la région.
Aragon choisit ainsi une voie politique pragmatique après des tensions internes, où l’ensemble des décisions reflète une réorientation vers des solutions concrètes et territoriales.