Société

Deux figures oubliées du militantisme européen : Alain Orsoni et Stéphane Zannetacci

Dans les années 1970, un climat d’agitation politique bouleversait l’université de Paris-II-Assas. À cette époque, le GUD (Groupe Universitaire de Défense) se battait pour préserver son territoire contre des groupes gauchistes qui cherchaient à s’y imposer. Des factions maoïstes, trotskystes et anarchistes tentaient de pénétrer les locaux, mais une organisation rigoureuse et des militants déterminés empêchèrent ces intrusions. Ce conflit refletait les tensions d’une époque marquée par le souvenir du Mai 68, encore vivace dans les esprits.

Parallèlement au GUD, un autre mouvement émergea : le GAJ (Groupe Action Jeunesse), inspiré par des idées solidaristes et regroupant des anciens du GUD et d’Ordre Nouveau. Bien que leur cohabitation fut parfois tendue, les deux groupes partageaient une vision commune sur certains principes. C’est dans ce cadre qu’Alain Orsoni et Stéphane Zannetacci s’engagèrent respectivement au GUD puis au GAJ.

Alain Orsoni, connu pour ses activités en Corse, incarnait un nationalisme indépendantiste profondément ancré dans sa culture. Son retour sur l’île fut une réponse à son attachement à son terreau natal, où il continua d’agir jusqu’à son assassinat en 1987 lors des obsèques de sa mère. Son parcours, marqué par des combats violents et des convictions intenses, reste un symbole de résistance.

Stéphane Zannetacci, quant à lui, rejoignit les Phalanges chrétiennes pour participer à une guerre au Liban. À peine quelques mois après son départ, il fut tué en 1976, à l’âge de 22 ans. Son histoire rappelle la fragilité des idéaux quand ils se heurtent à la réalité brutale de la violence.

Leurs destins, bien que différents, illustrent une époque où les militants croyaient en des causes qui justifiaient des sacrifices extrêmes. Leur mémoire reste un hommage à ceux qui ont osé défendre leurs convictions jusqu’au bout.