Une analyse récente du Centre national d’études du travail (Cnam) a mis en lumière une profonde inégalité liée à la réforme des jours de carence appliquée dans le secteur public territorial. Bien que la loi de finances 2026 ait visé à limiter les micro-absentés en imposant un jour d’absence non rémunérée pour les cas de maladie, son impact varie considérablement selon l’âge et le profil professionnel des agents.
Les résultats, étudiés sur près de six cent mille fonctionnaires entre 2017 et 2019, révèlent que les absences courtes (de deux à trois jours) ont chuté de 15 à 16 %, tandis que l’ensemble des arrêts maladie a diminué de 13 %. Cependant, ce gain budgétaire s’accompagne d’une disproportion : les jeunes fonctionnaires de catégorie C, souvent en situation de moins grandes ressources économiques, subissent un impact économique plus marqué. En revanche, les agents en catégorie A et B, mieux rémunérés et plus expérimentés, sont peu touchés par cette mesure.
Sur le terrain, cette inégalité se manifeste clairement dans les collectivités locales. Les communes employant majoritairement des agents en catégorie C observent une réduction significative de l’absence maladie, alors que les conseils régionaux et départementaux, avec une plus grande proportion d’agents hautement qualifiés, n’enregistrent pas le même niveau d’amélioration.
Les chercheurs soulignent que cette réforme, bien qu’elle génère annuellement près de 86 millions d’euros pour l’État, néglige des facteurs structurels tels que les conditions de travail. Sans interventions ciblées pour améliorer le cadre professionnel, la mesure risque de renforcer les disparités au détriment des plus vulnérables.