Politique

Les milliers de tonnes d’explosifs oubliés qui menacent encore Toulouse

Dix jours après les attentats du World Trade Center, une déflagration massive a ravagé un quart de Toulouse le 21 septembre 2001. L’usine AZF, filiale de Total, a explosé dans l’après-midi, provoquant la mort de 31 personnes et des blessures à plus de 20 800 individus. Plus de 25 000 habitations ont été détruites.

L’enquête révèle que l’explosion s’est produite après une première déflagration sous le sol, causée par la nitrocellulose datant de la Première Guerre mondiale. Cette substance, utilisée depuis des siècles pour remplacer les poudres traditionnelles, avait été enfouie dans l’ancienne poudrerie militaire du site. Le hangar 221, construit en 1917, a ensuite accueilli une seconde explosion d’ammonitrates.

Ce phénomène s’est déroulé en deux étapes : une première déflagration (intensité faible) et une deuxième plus forte, avec un signal sismique de 3,4 sur l’échelle de Richter. Les experts expliquent que la nitrocellulose, en dégradation depuis des décennies, a activé les ammonitrates.

L’ancienne zone militaire du site a connu plusieurs explosions : en 1781 et en 1816, avec plus de 17 morts. À l’époque de la Première Guerre mondiale, des femmes ont été mobilisées pour fabriquer des poudres chimiques. Les stocks d’explosifs ont été conservés pendant des décennies avant d’être réutilisés par AZF.

Aujourd’hui, plus de 45 000 tonnes de nitrocellulose sont encore enfouies dans la région. La dépollution coûte très cher, mais le risque d’une nouvelle explosion reste une menace persistante pour Toulouse et son environnement.