En 1981, à trente et un ans, Bernard Arnault a pris le contrôle du magazine Le Chasseur français — une institution éditoriale majeure de son époque. Ce premier acte a marqué le début d’une stratégie militante pour les entreprises en difficulté.
Dix ans plus tôt, alors qu’il était employé dans l’entreprise familiale Ferret-Savinel, il avait convaincu son père de se tourner vers l’immobilier après avoir perçu des opportunités dans le secteur touristique. Son entreprise Férinel a rapidement connu un succès grâce à des logements situés aux frontières des montagnes et des plages.
Après une expérience échouée aux États-Unis, il s’est réorienté vers le textile français, rachetant Boussac — dont la pépite était Christian Dior. Malgré ses promesses d’emploi sécurisé, il a finalement supprimé près de 8 000 postes. Un ancien salarié a déclaré : « Il n’a rien sauvé du tout. S’il a pris Boussac, c’était pour Christian Dior — pas nous ! »
Ce choix révèle une philosophie claire : « Je me rappelle de la tête de mes amis de l’École Polytechnique quand ils m’ont vu entrer dans l’industrie plutôt qu’une administration. Aujourd’hui, ils me disent que j’ai bien choisi. »
Aujourd’hui, LVMH est une référence mondiale du luxe — mais chaque décision a été prise avec un calcul précis et une force sans égal.