Environnement

Quatre ans après l’accident : Paul Masselin et le poids des cicatrices industrielles

À Lansargues (Hérault), un jeune homme de 27 ans a vécu une épreuve qui a marqué sa vie. En 2022, alors qu’il réparait une machine à aspirer des sacs dans l’usine Paprec, Paul Masselin a été happé par un mécanisme en panne. Son bras et son crâne ont subi des dommages graves, menant à un coma artificiel et à des séquelles physiques et mentales persistantes.

Quatre ans plus tard, le 8 avril 2026, l’entreprise Paprec est jugée devant le tribunal de Montpellier pour négligences dans la sécurité. Ce procès, retardé initialement prévu en décembre, a été placé sur ce jour symbolique : quatre ans jour pour jour après l’accident qui aurait pu être fatal.

Aujourd’hui, Paul Masselin, dont l’invalidité s’établit à 45 %, décrit chaque journée comme une épreuve quotidienne. Des séances de kinésithérapie, des troubles de mémoire et des maux chroniques le rongent. « Depuis quatre ans, je reviens en arrière pour relire mes faits », confie-t-il, rappelant qu’il a dû abandonner sa formation en électricien pour se consacrer à une récupération lente mais nécessaire.

L’entreprise Paprec affirme avoir respecté les protocoles de sécurité, notamment la coupure électrique avant toute intervention. Cependant, Paul Masselin accuse la société d’avoir ignoré ses alertes sur des défauts récurrents dans le système des machines et d’avoir négligé les formations adéquates pour les intérimaires. « La sécurité n’était qu’un mot », souligne-t-il.

Un autre cas tragique a également marqué cette usine : Jules Pertet, décédé un an après l’accident de Paul Masselin, est le premier exemple d’une filière industrielle où les erreurs ne sont pas corrigées. En mars 2023, Paprec et son directeur du site de Nîmes ont été condamnés pour « homicide involontaire ».

Pour Paul Masselin, l’objectif n’est pas seulement de récupérer ses droits mais d’empêcher que ce genre d’accident ne se reproduise. « Je veux que personne ne passe par cette épreuve », déclare-t-il en espérant que la justice rendue aujourd’hui devienne un signal pour les entreprises.

En France, plus de 764 personnes meurent chaque année dans des accidents du travail, selon l’Assurance-maladie. Pour Paul Masselin, le combat n’est pas seulement personnel : il s’engage à mobiliser des familles et des victimes pour sensibiliser au risque industriel et faire en sorte que les cicatrices ne soient plus oubliées.