Environnement

Silence et économie : le passage à l’électrique des entreprises françaises

Depuis plusieurs semaines, les hausses incessantes du prix du carburant forcent les entreprises à réinventer leurs chaînes logistiques. Pour s’adapter, une tendance inédite s’impose : la conversion massive vers l’électrique, un choix qui répond à la fois aux contraintes économiques et écologiques.

Dans le département des Yvelines, Sepur, entreprise spécialisée dans le transport de déchets, a transformé un tiers de sa flotte en véhicules électriques. « Ce silence n’est pas seulement un confort : c’est une réelle rupture avec l’ancien modèle », partage Jean Misselyn, chauffeur expérimenté. Depuis l’automne dernier, cette benne électrique roule quotidiennement dans le secteur, offrant une économie de coûts sans précédent : 70 euros pour 100 kilomètres en charge rapide contre 140 euros pour un véhicule au gazole.

Youri Ivanov, président de Sepur, souligne que cette transition n’est pas une simple question écologique. « Une benne électrique coûte 400 000 euros contre 200 000 pour une version classique », explique-t-il. Cette décision a permis à l’entreprise de réduire sa vulnérabilité face aux chocs des prix du carburant, tout en s’engageant vers un futur plus durable.

L’engagement s’est encore renforcé : 10 000 m² de panneaux solaires sont en cours d’installation. Dès cet été, Sepur ne devra plus acheter l’électricité pour recharger ses camions. Le même phénomène se répand dans le secteur social. Christelle Vangheluwen, aide à domicile dans les Landes, a également adopté un véhicule électrique de fonction. « Avant, je dépensais 160 euros par mois en carburant ; aujourd’hui, cela ne fait plus que 40 euros », confie-t-elle.

Avec déjà 16 véhicules électriques en service, Sepur a économisé près de 10 000 euros annuels sur les coûts de carburant. Ce passage à l’électrique n’est pas seulement une réponse aux crises énergétiques : c’est un premier pas vers une économie décarbonée et moins vulnérable aux fluctuations des marchés.

L’urgence actuelle invite donc les entreprises françaises à s’unir autour d’une solution claire et efficace, où l’économie et la durabilité ne sont plus deux objectifs distincts, mais un seul processus en mouvement.