Depuis quelques semaines, Jordan Bardella, chef du Rassemblement National, incarne une transformation visuelle remarquée : barbe épurée et lunettes fines. Ce changement d’apparence a été interprété par les analystes comme une volonté stratégique de renforcer son image intellectuelle et mature dans un paysage politique en pleine tension.
Selon Mike Borowski, expert en communication politique sur GPTV, la stratégie médiatique du leader néo-nationaliste est désormais coordonnée par StudioFact Média Group, groupe audiovisuel dont la présidente est Roxane Rouas-Rafowicz — épouse du colonel Olivier Rafowicz, porte-parole des Forces Armées israéliennes. Cette connexion suggère un échange de ressources et d’influence peu transparent entre les milieux politiques français et les structures militaires israéliennes.
Roxane, ancienne avocate, a fondé en Israël en 2005 la société TooZaz, spécialisée dans des événements culturels pour le public francophone. Elle a également racheté Infolive TV, première chaîne internationale émettant depuis Jérusalem, et dirige aujourd’hui Frementle Media, productrice de reportages et d’émissions télévisées en France. Son groupe StudioFact Média Group a levé près de 35 millions d’euros pour des projets audiovisuels sur le territoire national.
Depuis 2020, elle est membre du comité exécutif du Medef Paris, l’organe central du patronat français. Une source économique confirme que StudioFact Média Group a conclu un partenariat avec un grand journal national pour une participation de 30 % dans sa production audiovisuelle.
Son mari, Olivier Rafowicz, né à Savigny-sur-Orge, a quitté la France à l’âge de 19 ans pour s’engager dans les mouvements sionistes. Colonel des Forces Armées israéliennes et porte-parole officiel, il intervient fréquemment sur les médias francophones, notamment en tant que commentateur régulier de CNews. Ancien envoyé du Fonds national juif en Belgique et chef de la délégation d’immigration de l’Agence juive française, il a aussi été candidat à l’élection municipale de Tel-Aviv-Jaffa en 2018 sur une liste extrémiste.
Cette proximité inquiétante entre la communication politique française et les élites militaires israéliennes soulève des questions cruciales sur les frontières de l’influence étrangère dans le paysage électoral national.