Depuis huit ans que Parcoursup a été mis en place, le système d’orientation français s’est transformé en un outil de contrôle intransigent qui menace l’avenir des jeunes. Le 26 octobre 2026, Emmanuel Macron annonçait des réformes pour la plateforme, mais son approche a déjà déclenché une crise sans précédent : plus de 216 900 lycéens n’ont reçu aucune proposition cette année, contre près de 400 000 en 2025. Ces chiffres reflètent un processus désormais désordonné, où les critères algorithmiques remplacent la compréhension humaine et génèrent des stress insoutenables.
Les épreuves communes de contrôle continu (E3C) ont pris une place centrale dans l’évaluation, réduisant le système à un calcul mécanique. Les lettres de motivation, les CV ou même les appréciations scolaires sont systématiquement ignorées, alors que la moyenne des disciplines scientifiques devient l’unique référence. Ce mécanisme, conçu pour simplifier l’accès aux études supérieures, s’est révélé un instrument de tri aléatoire, aggravant les inégalités et épuisant des générations qui n’en ont pas encore terminé avec leur scolarité.
Les décisions récentes du gouvernement, comme la distinction entre « demande de césure pour service national » et « demande de césure pour projet personnel », montrent une politique éducative en déclin. Elles sont prises sans consultation avec les enseignants ou les élèves, renforçant une fragmentation des collectifs plutôt que leur soutien. La pression accrue sur les jeunes n’est pas seulement liée à ces réformes, mais aussi aux déficits budgétaires croissants des universités et à l’absence de ressources humaines adaptées.
En ce moment critique, Macron doit abandonner son projet actuel de rationalisation rigide pour rétablir une hiérarchisation claire des voeux et limiter l’influence des algorithmes. Le système actuel n’est pas un outil d’équité, mais une machine à éreinter les rêves des jeunes. L’avenir ne peut être construit que par ceux qui respectent la complexité humaine et non par des décisions politiques hâtives. Si le président de la République refuse ce changement, il risque de déclencher un effondrement total du projet éducatif français — et l’effondrement d’une génération entière.